Contrat de rivière Dyle-Gette

dimanche 18 novembre 2018

L'heure des bilans

Après les grandes étapes du contrat de rivière entre 1993 et 2013 (voir Lettre d’info n° 15) puis la présentation de quelques actions illustratives menées entre 1995 et 2008 (voir Lettre d’info n° 16), voici venu le temps des questions «existentielles». Elles clôtureront notre feuilleton 2013 consacré aux 20 ans du Contrat de rivière Dyle et affluents.

Quel bilan dresser ? Quels sont les principaux acquis du contrat de rivière après 20 ans d’existence ? Quels sont les résultats obtenus ? Est-ce que les rivières en Dyle-Gette se sont améliorées ? Quel est l’apport spécifique et la plus-value du contrat de rivière ? Tentative de réponses à ces questions bien légitimes...

Comment évaluer le contrat de rivière ?

Entre les rapports d’activités intermédiaires ou annuels, les justificatifs de dépenses financières, les nouveaux indicateurs de performance édictés par la Région wallonne ou les enquêtes de suivi effectuées auprès de nos partenaires, ce ne sont pas les occasions qui manquent pour évaluer le travail quotidien du contrat de rivière.
Mais, ces évaluations chiffrées sont basées sur des critères quantitatifs, parfois aléatoires. Elles ne suffisent pas. Il est donc nécessaire de pouvoir prendre un peu de recul pour mesurer, de façon certes plus subjective, le chemin parcouru et les acquis enregistrés en 20 ans d’existence.
D’autres s’attachent davantage à évaluer le contrat de rivière sur base des réalisations concrètes sur le terrain ou de l’amélioration (ou non) de l’état général de nos cours d’eau.
Au fil de cet article, nous allons essayer de satisfaire ces différentes visions ou approches, toutes complémentaires.

CR-Wallonie


En 2013, 13 contrats de rivière sont reconnus par la Région wallonne.  Ils couvrent 92% du territoire et regroupent près de 1.600 membres

Le contenu des programmes d’actions pluriannuels successifs

En août 2013, l’assemblée générale du CRDG approuvait son nouveau programme d’actions pour la période 2014-2016. Il s’agit du 4ème programme pluriannuel depuis la création du Contrat de rivière Dyle en 1993.
Le contenu de ces différents programmes d’actions est le reflet des efforts concrets que sont disposés à consentir l’ensemble des partenaires du CRDG pour améliorer l’état des cours d’eau du bassin Dyle-Gette, sans oublier d’associer la population dans l’effort entrepris. Aujourd’hui, le contrat de rivière réunit 45 partenaires qui s’engagent concrètement dans cette voie, dont l’intégralité des 23 communes qui composent le bassin Dyle-Gette

1996-2008 2008-2011
1996-2006 2008-2010
2011-2013 2014-2016-1
2011-2013 2014-2016

Synthèse des programmes d'actions successifs

Il ressort de l’examen de ces programmes successifs que :

- sur le plan du nombre total d’engagements souscrits : ce nombre a fluctué en 20 ans, avec une tendance progressive vers la diminution du nombre d’actions par programme. Aujourd’hui, le volume des engagements souscrits dans le 4ème programme correspond à un certain point d’équilibre atteint au bout de 20 ans d’expérience : équilibre entre ce qui serait idéal de faire et ce qui est réaliste de prévoir (d’une part dans les délais impartis et d’autre part en fonction des moyens disponibles de chacun). Lors des phases d’élaboration de chaque programme (+/- 6 mois aujourd’hui), les consignes données aux partenaires du CRDG ont été progressivement adaptées dans ce sens :

  • en 1998, le 1er programme prévoyait 137 actions spécifiques, uniquement pour le bassin de la Dyle. Une grande partie de ce programme était supporté par la Cellule de coordination ;
  • en 2008, le 2ème programme a correspondu à la fusion des programmes du CR Dyle et du CR Gette. De plus, forts d’une dizaine d’années d’expérience, les partenaires se sont davantage investis dans ce nouveau programme. Cela explique le nombre total de 708 engagements spécifiques pris à l’époque ;
  • à partir de 2011 (3ème programme), il a été demandé aux partenaires de privilégier des engagements plus concrets et dorénavant recentrer leurs efforts sur des actions prioritaires (= destinées à résoudre des problèmes ou dégradations constatés sur le réseau hydrographique, en lien avec l’inventaire des points noirs du CRDG), tout en ne négligeant cependant pas l’importance de l’information/sensibilisation de la population. Dans un esprit de continuité, il fut aussi demandé de s’appuyer sur les actions pertinentes qui n’avaient pu être menées à bien lors du programme précédent. Une autre consigne fut de tenir davantage compte des ressources disponibles en interne, afin de garantir la réalisation des engagements dans les délais considérés (3 ans). Cette priorité accordée à la qualité des actions (plutôt qu’à leur quantité), aux actions concrètes de terrain (plutôt qu’aux engagements trop vagues) et à la garantie de résultats, explique que le programme 2011-2013 ne contenait «plus que» 354 actions spécifiques. A noter cependant que 99 actions supplémentaires, non prévues initialement, ont été réalisées en cours de programme. On peut donc considérer qu’il a atteint un total de 453 actions.
  • le 4ème programme, conclu pour 2014-2016, s’inscrit dans la continuité du précédent. Il contenait, au moment de son approbation,  un total de 286 engagements différents.

- sur le plan des objectifs poursuivis par le CRDG: déclinés parfois différemment au fil des programmes successifs, les 6 grands objectifs communs du CRDG se sont cependant maintenus et confirmés tout au long de ces 20 dernières années :

  • améliorer la qualité des eaux ;
  • résoudre les atteintes aux cours d’eau ;
  • lutter contre les inondations et coulées de boue ;
  • protéger le patrimoine naturel lié aux cours d’eau et milieux associés (zones humides) ;
  • valoriser les cours d’eau (activités récréatives; patrimoine bâti et culturel) ;
  • informer et sensibiliser la population.

On peut donc affirmer qu’un large consensus a été progressivement obtenu au sein du partenariat du CRDG, pour ce qui concerne ces grandes options tracées et traduites dans des actions concrètes sur le terrain.

 graphe2
Le Contrat de rivière Dyle-Gette : une dynamique durable à facettes multiples

- sur le plan des thèmes abordés par le CRDG : les thématiques traitées par le contrat de rivière au travers de ses programmes d’actions correspondent aux principales préoccupations du partenariat. Pour chacun de ces thèmes, le nombre d’engagements pris par chaque partenaire reflète sa motivation mais aussi et surtout ses possibilités d’agir en fonction de ses missions, de ses compétences et de ses moyens. Cette latitude octroyée aux partenaires, en particulier aux communes, est indispensable pour maintenir une participation et une implication de tous sur base volontaire.
Sur le plan des sujets traités par le CRDG, on travaille aussi dans la continuité, puisque, depuis 2008, une 20aine de thèmes communs focalisent l’attention du partenariat, avec une importance relative plus grande pour la moitié d’entre eux :

  • les inventaires et l’état des lieux
  • la vigilance le long des cours d’eau
  • les travaux d’assainissement des eaux usées :
        * surtout l’assainissement collectif
  • la lutte contre les diverses incivilités le long des cours d’eau : 
        * les déchets verts et autres
        * les ouvrages d’art dégradés
        * les pulvérisations d’herbicide
  • la problématique de l’abreuvement du bétail aux cours d’eau
  • les aménagements destinés à réduire les risques d’inondations et de ruissellement
  • la gestion et l’entretien des cours d’eau
  • la protection des habitats aquatiques et des zones humides
  • l’éradication des plantes invasives le long des cours d’eau 
  • les circuits de promenades le long des cours d’eau 
  • l’information et la sensibilisation du public jeune et moins jeune
themes


Part relative des différentes thématiques abordées dans le programme 2014-2016 du CRDG

En 20 ans, le CRDG et ses partenaires ont pu développer de nombreuses expériences et un savoir-faire dans la plupart de ces thématiques.  Plutôt que d’investiguer progressivement vers de nouvelles thématiques et nous disperser inutilement, nous avons préféré opter pour la continuité, partager et consolider nos acquis.

L’évaluation de la mise en oeuvre des programmes d’actions successifs

Les 3 premiers programmes ont chacun fait l’objet d’une évaluation précise et personnalisée de leur mise en œuvre. La méthode d’évaluation utilisée a consisté en des enquêtes de suivi successives menées par la Cellule de coordination auprès des partenaires du contrat de rivière. Lors de chaque enquête, il fut rappelé à chaque partenaire ses différents engagements souscrits et demandé si chaque action avait pu être réalisée (ou entamée) dans les délais prévus. En cas de retard par rapport aux délais prévus, le partenaire était invité à se justifier.

96-10 2008-2011-5 06-09

1996-2006

2008-2010

2011-2013

Evaluation finale des 3 premiers programmes d'actions

A la lecture des graphiques ci-dessus, il apparaît que :

sur le plan du taux de réponse aux enquêtes de suivi : nos partenaires ont progressivement pris l’habitude de répondre à ces enquêtes de suivi. Il en résulte aujourd’hui un meilleur taux de réponse à chaque évaluation de programme d’actions. Nos partenaires comprennent bien l’utilité de la démarche d’évaluation. Le fait d’avoir accrû la fréquence des enquêtes de suivi (aujourd’hui, la Cellule de coordination effectue une enquête par an) permet aussi de plus facilement ancrer le processus d’auto-évaluation dans les habitudes de chacun.

sur le plan des taux de réalisation des engagements souscrits : là aussi, les partenaires sont de plus en plus performants. Le taux de réalisation effective des programmes d’actions s’est amélioré significativement au fil du temps, qu’il s’agisse uniquement de la proportion des actions réalisées ou qu’il s’agisse de l’addition des actions réalisées et entamées. Ce constat encourageant traduit le fait que, au fil des programmes d’actions successifs, les partenaires sont parvenus à mieux cibler leurs engagements et mieux garantir leur faisabilité dans les délais impartis. Le choix pour une stratégie axée sur la continuité et le réalisme s’avère donc payant (voir plus haut).

sur le plan des délais de mise en œuvre des engagements : le 1er programme d’actions a été signé en 1998. Il s’est avéré particulièrement ambitieux. Il ne s’est clôturé qu’en 2006, au bout d’une période de 8 ans. En effet, les partenaires ont souhaité prolonger le délai fixé initialement à 3 ans, pour pouvoir atteindre un taux de réalisation suffisamment satisfaisant. A partir du 2ème programme d’actions, on est passé à un délai de mise en oeuvre triannuel (PA 2008-2010; PA 2011-2013; PA 2014-2016), et cela conformément aux prescrits de l’AGW du 13 novembre 2008 qui encadre dorénavant le fonctionnement des contrats de rivière en Région wallonne. Par conséquent, la mise en oeuvre  du programme 2008-2010 (63 % d’actions réalisées ou entamées après 3 ans) peut être considérée comme  plus satisfaisante que celle du programme signé en 1998, lequel a dû patienter 8 ans pour atteindre le résultat de 78 % d’actions réalisées ou engagées.

L’évolution de la qualité de nos cours d’eau

Le contrat de rivière a pour objectif principal de protéger et restaurer les cours d’eau. Dans une région densément peuplée et marquée par une agriculture intensive, ce ne sont pas les sources de pollution et d’agression qui manquent. Le travail est considérable si on veut retrouver des rivières et ruisseaux vivants, dans l’état que nos grands-parents ont connu.
Avec les moyens financiers dont il dispose (un budget annuel de fonctionnement de +/-320.000 euros), le contrat de rivière a pour mission d’inciter les acteurs publics et privés concernés à mettre les moyens nécessaires au profit de l’amélioration globale des ressources en eau. 

train
Les cours d'eau : par "le bout de la lorgnette" du Contrat de rivière

Dans la matière «eau», les opérateurs professionnels historiques que sont les gestionnaires des cours d’eau (Région wallonne, Provinces du Brabant wallon et de Liège, les 23 Communes du bassin Dyle-Gette) et les intercommunales d’épuration (IBW et AIDE) et de distribution (IECBW, SWDE, VIVAQUA) sont en première ligne.

Les usagers des cours d’eau (agriculteurs, entreprises, scientifiques, pêcheurs, naturalistes, historiens, agents de tourisme, enseignants...) trouvent, au sein du contrat de rivière, la possibilité de faire entendre leurs points de vue. Dans la mesure de leur disponibilité et sous différentes formes, ces usagers peuvent aussi s’impliquer dans les actions de réhabilitation des cours d’eau.
Dans ce «concert» des acteurs de l’eau, le contrat de rivière est donc devenu, au fil des ans un de ces acteurs, avec un profil certes un peu particulier. Indéniablement, il participe à l’amélioration du réseau hydrographique, mais de façon indirecte, en orientant certaines prises de décision et en accompagnant sur le terrain l’application de plusieurs mesures bénéfiques pour l’écosystème rivière.

analyse2  analyse
Analyse au moyen de la méthode des indices diatomiques par Robert Iserentant

Dès sa naissance, le contrat de rivière a souhaité mettre en place un réseau permanent de stations d’analyses pour mesurer la qualité des eaux du bassin Dyle-Gette (différences spatiales) et l’évolution de cette qualité dans le temps.
Depuis 1999, le CRDG évalue la qualité des eaux au moyen de 3 méthodes complémentaires, sur l’ensemble du réseau hydrographique du bassin Dyle-Gette.
Les résultats obtenus révèlent soit une amélioration, soit une dégradation, selon les cours d’eau et selon l’état d’avancement des programmes d’assainissement des eaux usées. Quoi qu’il en soit, le contrat de rivière a pu globalement mesurer un meilleur état des cours d’eau du bassin de la Dyle par rapport à ceux du bassin de la Gette. Pour ce 2ème bassin en particulier, la Grande Gette présente une qualité plus favorable que sa «consoeur» la Petite Gette.

 

carte7  carte8  carte8b

Le contrat de rivière a pu mesurer l'amélioration de l'état de la Dyle et du Train suite à la mise en service des stations d'épuration IBW de Genappe et de Grez-Doiceau

Pour l’ensemble de la Dyle, càd le cours d’eau qui «centralise» tous les cours d’eau du bassin de la Dyle, les analyses effectuées sur une plus longue durée par la Région wallonne illustrent l’amélioration globale de la qualité des eaux de la Dyle, entre 1996 et 2007.
Pour ce qui concerne spécifiquement la partie amont de la vallée de la Dyle (= sur le territoire de Genappe), le CRDG a constaté une tendance à l’amélioration entre 2001 et 2006. Cette amélioration a été mesurée tout au long des villages traversés par la rivière, villages dont les eaux usées sont dorénavant traitées à la station d’épuration IBW de Genappe, mise en service en 2001 (voir cartes).
Pour la vallée du Train (entre Gistoux et Archennes), le CRDG a aussi constaté une tendance à l’amélioration entre 2002 et 2007. Le rôle bénéfique de la station IBW de Grez-Doiceau, mise en service en 2006, a ainsi pu être mesuré (voir cartes).
Enfin, grâce aux analyses effectuées par la Région wallonne sur une plus longue durée, on peut aussi constater une nette amélioration de la qualité physico-chimique de l’eau de la Grande Gette entre 1998 et 2009. La différence de qualité avant-après mise en service de la station d’épuration de Jodoigne à Zétrud-Lumay en 2004 est en effet hautement significative.
Le lecteur trouvera les détails de ces différentes constatations via l’article paru à ce sujet dans cette même Lettre d’information.

Le retour des poissons dans nos cours d’eau

Le contrat de rivière a coordonné une campagne de pêches électriques entre 2000 et 2005 dans le bassin Dyle-Gette. L’objectif fut d’évaluer les populations de poissons présentes dans les cours d’eau. Il faut en effet signaler que les derniers inventaires piscicoles dataient de 1980 ! Les pêches ont été réalisées par le Service de la Pêche de la Région wallonne et par l’Université de Liège, avec la collaboration de FUSA Gembloux et des Fédérations des pêcheurs des bassins Dyle et Gette.

DSCN0334 chabot
Pêche électrique par vincent Franck (SPW - Service pêche) Le chabot : abondant en Dyle mais absent en Gette

Les résultats sont très encourageants. Sur l’ensemble du bassin de la Dyle, ce sont 17 espèces de poissons qui ont ainsi pu être recensées ! A titre d’exemples, voici quelques résultats significatifs :

- dans la Dyle à Court-St-Etienne/Ottignies:

  • en 1980, aucun poisson n’avait été signalé à Mousty
  • en 2000, la pêche effectuée par le CR Dyle à Noirhat a permis de capturer 7 espèces différentes pour un total de plus de 700 individus !
  • en 2010, 12 espèces différentes pour un total de 393 individus ont été capturées à Court-St-Etienne !

- dans la Dyle à Wavre :

  • en 1993, 2 espèces pour 6 individus à Basse-Wavre
  • en 2000, 8 espèces pour 216 individus à Gastuche !
  • en 2010, 7 espèces pour 326 individus à Bierges !

Plus récemment, le retour de la vie piscicole dans le bassin de la Dyle a aussi pu être mesuré dans des affluents de la Dyle :

- dans la Lasne:

  • en 2000, 5 espèces pour 35 individus  à Renipont
  • en 2010, 15 espèces pour 1.276 individus à Genval !
  • en 2010, 11 espèces pour 703 individus à Rosières !

- dans l’Orne :

  • en 2000, 5 espèces pour 85 individus à Hévillers
  • en 2010, 7 espèces pour 1903 individus à Court-St-Etienne !
  • en 2011, 7 espèces pour 1236 individus à Hévillers !

- dans le Train :

  • en 2002, 9 espèces pour 146 individus à Grez-centre !
  • en 2009, 5 espèces pour 350 individus à Archennes !

L’anguille, le chevaine, le barbeau, le rotengle et la vandoise peuplaient jadis nos cours d’eau. Ces espèces ont refait leur apparition depuis quelques années, ce qui conduit à environ 25 le nombre d’espèces de poissons présentes aujourd’hui en Dyle-Gette.

Un diagnostic précieux des points noirs du réseau hydrographique

Sans le contrat de rivière, il est indéniable qu’on ne bénéficierait pas aujourd’hui d’une masse d’informations sur les sources de dégradation de nos rivières et ruisseaux.
Dans ses missions, le contrat de rivière est tenu de procéder à un examen minutieux du réseau hydrographique de son bassin versant. Dans son diagnostic, il ne peut se limiter aux cours d’eau principaux du bassin. 

inventaire benevoles
Sur le terrain, les cartes papier seront bientôt remplacées par des tablettes numériques Formation des bénévoles à l'identification des points noirs

Au bout de 20 ans, on peut sans hésiter signaler que les 945 km de cours d’eau du bassin Dyle-Gette ont déjà été parcourus à au moins 2 reprises (certains tronçons 3 ou 4 fois)!
Pour ce faire, la Cellule de coordination a mis “la main à la pâte”, plus précisément les “bottes aux pieds”. Pour mener à bien ce travail fastidieux, nous nous sommes adjoint le concours précieux de chercheurs universitaires, de laboratoires ou services régionaux, provinciaux et communaux, et de nombreux bénévoles acquis à la cause.

Pulvérisation P THO 6
La pulvérisation d'herbicide sur les berges est néfaste pour la vie des cours d'eau

Par ailleurs, en 20 annés d’existence, nous avons déjà recensé plus de 1.400 points noirs le long des cours d’eau. La grande majorité des points noirs sont provoqués par les habitants du bassin et le plus souvent par les riverains des cours d’eau: rejets d’eau usée (43% des points noirs), dépôts de déchets divers (24 %), embâcles (10%), érosions dommageables des berges (naturelles ou provoquées par le bétail) (10%), ouvrages d’art dégradés (ponts, passerelles, vannes, murets)(10%), pulvérisations d’herbicide…

C-12-MC-THY01

Cartographie multicritères du CRDG
obstacle gette 14 02 2011 003
Avant nettoyage sur la Grande Gette
C-10-2-Nil


Cartographie de points noirs
obstacle gette 14 02 2011 013
Après nettoyage

Cet inventaire est régulièrement communiqué aux partenaires, afin qu’ils mettent en oeuvre les moyens nécessaires pour résoudre ces différentes situations dans les meilleurs délais. Chaque programme d’actions du CRDG intègre notamment les engagements pris par chacun pour résoudre un certains nombre d’atteintes aux cours d’eau dans un délais précis de 3 ans.

La lutte contre les plantes invasives ne figurait pas dans le 1er programme d’actions signé en 1998, le phénomène de contamination des berges de cours d’eau par les Balsamines de l’Himalaya et les Renouées du Japon n’étant pas encore appréhendé à cette époque-là. Aujourd’hui, les plantes invasives ont malheureusement contaminé les berges de nombreux cours d’eau du bassin Dyle-Gette. Depuis 2008, le contrat de rivière a comptabilisé leur présence à environ 1.000 endroits différents !

Par ailleurs, d’autres données d’inventaires ont été récoltées sur le terrain depuis 20 ans: les espèces et le nombre de poissons à nouveau présents (via la méthode des pêches électriques) (voir plus haut), les obstacles au déplacement des poissons (chutes, barrages, seuils), les zones humides d’intérêt biologique, la qualité physique (ou hydromorphologique) des cours d’eau, les zones à risque d’inondation par débordements de cours d’eau, les sites concernés par des coulées de boue récurrentes…autant d’informations qui font ensuite l’objet de réflexions et débats entre les partenaires du CRDG.

Des résultats concrets sur le terrain: sus aux points noirs le long des cours d’eau !

Ce sont plus de 460 points noirs qui ont été résolus entre 2001 et 2012 par les partenaires du CRDG (communes, gestionnaires régionaux et provinciaux, voire riverains concernés).

Ce taux de résolution peut être considéré comme relativement encourageant, car chaque intervention effectuée sur le terrain ne se fait pas sans difficulté.

Néanmoins, il est important de poursuivre, même de renforcer l’effort, car de nouvelles dégradations sont recensées à chaque nouvel inventaire de terrain.

 

Loupe PISCG1-01

Exemple de points noirs résolus

Quant aux premiers chantiers d’éradication des plantes invasives coordonnés par le contrat de rivière, ils ont débuté en 2010. Grâce à la ténacité des personnes qui participent à ces chantiers (entreprise, ouvriers communaux, associations et personnes bénévoles), on peut déjà conclure que, au bout de 4 ans:

  • la Balsamine de l’Himalaya est quasi éradiquée le long de la Lasne et ses affluents (Smohain, Argentine, Mazerine…) à Lasne, La Hulpe et une partie de Rixensart (=  45 km traités);
  • la Balsamine de l’Himalaya est en cours d’éradication le long de la Thyle et ses affluents  (Gentissart, Ri d’Hez, Ri de Dreumont) à Villers-la-Ville et une partie de Genappe et Court-St-Etienne (= 22 km en cours de traitement);
  • dans d’autres vallées, des partenariats locaux se sont constitutés pour lutter contre la prolifération de la Balsamine, associant services communaux et bénévoles. En 2010, on comptabilisait 6 chantiers de ce type. En 2013, ces initiatives ont concerné 24 chantiers différents répartis dans quasi toutes les communes du bassin Dyle-Gette.  Le linéaire total de cours d’eau en cours de traitement est ici +/- 100 km;
  • au final, ce sont donc plus de 165 km sur 35 cours d’eau différents et par près de 30 partenaires différents qui sont parcourus chaque année depuis 2010 pour lutter contre la Balsamine;
  • par ailleurs, de très nombreux sites à Berces du Caucase sont aussi gérés par le Service public de Wallonie et par le partenariat du contrat de rivière.

balsamine
La recherche des jeunes pousses de Balsamines est particulièrement fastidieuse (ici dans la roselière de Gaillemarde à La Hulpe)

En conclusion: la plus-value du contrat de rivière

Le contrat de rivière, c’est avant tout un ensemble de personnes et d’organismes (publics et privés) qui communiquent entre eux et se réunissent autour d’un objectif commun : remettre les ruisseaux et rivières à la place qu’ils méritent.  
Le contrat de rivière constitue une plateforme de rencontre et d’échanges entre les acteurs de la rivière. Au fil des ans, le réseau de partenariat s’est étoffé au sein du contrat de rivière. De même, les modalités de fonctionnement de cette plateforme ont évolué et se sont adaptés aux besoins et souhaits des partenaires.

graphe
Fonctionnement du Contrat de rivière Dyle-Gette

reunion1  reunion2
Groupe de travail "invasives" et assemblée générale (comité de rivière)

Au départ, il fallu identifier les principales sources de dégradation des cours d’eau et développer une vision commune des solutions à mettre en oeuvre pour réduire ces dégradations. Ensuite, pour passer de la théorie aux réalisations concrètes, il a fallu responsabiliser chaque partenaire impliqué dans le contrat de rivière et obtenir de sa part des engagements concrets rassemblés ensuite sous la forme d’un programme d’actions.

Le contrat de rivière constitue donc un “aiguillon”, en particulier vis-à-vis des communes, pour inciter ces dernières à prendre davantage à bras-le-corps la protection et la restauration de leurs cours d’eau. Le fait de construire ensemble, et à échéance, un planning de travail, puis de l’évaluer régulièrement, permet de maintenir  une dynamique propice à l’action

reunion3 Kayak Dyle

Les agents communaux des services environnement sont des relais précieux pour le Contrat de rivière

Descente en kayak sur la Dyle : une façon originale pour redécouvrir notre patrimoine



Dans un partenariat comme le nôtre, chaucun est invité à mettre sa pierre à l’édifice, selon ses préoccupations et ses missions spécifiques, mais aussi selon des propres ressources.
Par ailleurs, la participation d’un grand nombre d’acteurs à un projet supra-communal comme le contrat de rivière permet de réaliser des économies d’échelle et de mutualiser les efforts. Le partage des responsabilités et des dépenses financières, même si cela peut rendre les choses parfois plus compliquées, permet de créer un certain esprit de solidarité, essentiel pour le long terme.

Le rôle de la Cellule de coordination est de faciliter les prises de contact entre partenaires, de donner les moyens de développer cet esprit de coopération, et de veiller à la cohérence et la pertinence des actions menées.

Diapositive1

Opérations de nettoyage de dépôts de déchets le long des cours d'eau, en collaboration avec les services communaux

Au fil des ans, la Cellule de coordination a aussi initié de nombreux projets, à titre expérimental et avec la collaboration d’un nombre réduit de partenaires locaux. Le succès de plusieurs de ces projets pilotes a permis, par la suite, de proposer différentes stratégies d’actions communes à l’ensemble du territoire du bassin Dyle-Gette.
L’objectif est aujourd’hui, pour des problématiques jugées essentielles par tous, de développer et de multiplier les types d’actions et les outils de partenariat qui ont fait leurs preuves.
C’est ainsi que le contrat de rivière a pu développer une méthodologie d’approche et un savoir-faire dans des domaines aussi variés que :

  • l’éradication des plantes invasives
  • la lutte contre les infractions environnementales
  • le nettoyage des dépôts de déchets
  • l’entretien des ouvrages d’art dégradés
  • l’analyse de la qualité des eaux
  • l’aménagement de systèmes d’abreuvement du bétail respectueux du cours d’eau
  • la protection juridique des zones humides
  • la réappropriation sociale des cours d’eau
  • l’information /sensibilisation de la population

tournant
Visite de la réserve naturelle "Les Tournants", en compagnie de la Commune de Lincent et du CRABE

Les communes et les partenaires associatifs étant quelque peu démunis sur le plan des moyens en personnel ou en matériel, le contrat de rivière met son personnel de la Cellule de coordination à leur disposition, au travers de toute une série d’aides-services :

  • résolution des atteintes aux cours d’eau
  • prêt de barrages flottants et de supports promotionnels pour les Journées wallonnes de l’eau et les opérations “rivières propres”
  • formations à l’identification et l’éradication des plantes invasives
  • fiches d’information pour accompagner les constats d’incivilité environnementale
  • gestion plus écologique des cours d’eau
  • soutien aux structures participatives locales (PCDN, groupes locaux contrat de rivière, associations…)
  • aide à la réalisation de projets locaux
  • information des riverains préalablement aux chantiers réalisés sur les cours d’eau
  • rédaction de nombreux supports d’information sur des thématiques ciblées
  • diffusion d’articles dans les bulletins communaux et associatifs
  • ...

pash1  PASH Genappe

Exemples de publications du Contrat de rivière + Carte simplifiée du plan d'assainissement (PASH) pour la commune de Genappe

De même, depuis quelques années, la Cellule de coordination consacre de plus en plus de temps pour répondre à des demandes qui n’émanent pas nécessairement du partenariat de base. En effet, un second cercle de partenariat, plus ponctuel, s’est progressivement constitué, qui nous sollicite de plus en plus souvent.
Il en est de même pour ce qui concerne des demandes d’information ou de soutien émanant de particuliers ou de bureaux d’études.

Enfin, nous souhaitons rappeler ici que la belle histoire du contrat de rivière n'aurait pu exister sans l'implication personnelle de nombreuses personnes entre lesquelles se sont progressivement tissés des liens de confiance et d'amitié réciproques.  L'aventure du Contrat de rivière Dyle-Gette, c'est avant tout une aventure humaine.
Merci aussi à la confiance renouvelée tout au long de ces 20 années,  de la part de la Province du Brabant wallon et de la Région wallonne. Elles nous ont accordé une aide financière précieuse, sans laquelle l'ensemble des activités développées au départ de la Cellule de coordination n'auraient pu voir le jour. La Province de Liège et la Commune de Lincent méritent aussi notre estime.

asbl Contrat de rivière Dyle-Gette - Zoning industriel, rue des Andains, 3 à 1360 Perwez - 010/62 04 30 ou 081/24 00 40 - contrat.riviere(at)crdg.be