Contrat de rivière Dyle-Gette

dimanche 22 avril 2018

Un réseau de mesures de la qualité des cours d’eau bien utile !

Actuellement, nos collaborateurs sont occupés à effectuer les échantillons pour la deuxième couverture du bassin de la Gette (première couverture du bassin entre 2004 et 2005). En 2010, c’est la Grande Gette et ses affluents directs qui seront investigués, soit pas moins de 34 stations réparties sur 14 cours d’eau. En 2011, ce sera au tour de la Petite Gette et de ses affluents directs (34 stations sur 20 cours d’eau).
Le planning des tournées sera identique les deux années : 3 passages pour la physico-chimie (indice IPO) en avril, septembre et décembre et 1 passage en octobre pour la biologie (indices IPS et IBGN).


Depuis 1999, le Contrat de rivière évalue la qualité de la Dyle, de la Gette et de leurs affluents (155 stations réparties sur 41 cours d’eau).
L’objectif du réseau est d’obtenir une image précise de la qualité des cours d’eau sur l’ensemble du bassin Dyle-Gette mais aussi de mesurer l’évolution de la situation dans le temps, en comparant les résultats obtenus entre deux campagnes d’analyses.

  • 5 classes de qualité ont été définies : « mauvaise », « médiocre », « moyenne », « bonne » et « très bonne », ce qui permet de comparer l’état des cours d’eau entre eux, en mettant en évidence les situations les plus critiques et les plus favorables.
  • Le réseau permet également de prendre conscience de l’évolution des choses.  Les mesures démontrent l’amélioration de la qualité de l’eau due aux  infrastructures d’assainissement mises en place progressivement dans le bassin de la Dyle et de la Gette. De même, elles peuvent attester des effets bénéfiques pour le cours d’eau de l’arrêt d’une activité industrielle.

Trois méthodes d’analyses complémentaires

Chaque année, une trentaine de stations différentes font l’objet d’échantillonnages et d’analyses, au moyen de trois méthodes :

  • physico-chimique (indice IPO). Cet indice est calculé en intégrant les concentrations de 4 paramètres chimiques liés à la pollution organique : demande biologique en oxygène (DBO5), ions ammonium (NH4+), nitrites (NO2-) et phosphates (PO43-). La valeur de l’indice IPO varie de 1 à 5 (5 correspondant à la qualité la meilleure).
L’analyse chimique quantifie les polluants à un moment donné. Cet indice est donc révélateur à condition de ne pas s’en tenir à des analyses trop ponctuelles dans le temps.
ipo-dyle
  • biologique par les algues diatomées (indice IPS). Cet indice se détermine à partir de prélèvements de diatomées (algues unicellulaires). La valeur de l’indice IPS varie de 1 à 20 (20 correspondant à la qualité la meilleure). La méthode permet d’estimer le niveau de pollution organique de l’eau et son eutrophisation (azote, phosphore) par les rejets domestiques et les activités agricoles.
ipo
  • biologique par les macro-invertébrés aquatiques (indice IBGN). Cet indice se détermine grâce aux relevés des invertébrés aquatiques (insectes adultes ou larves, vers, mollusques,...) présents sur un tronçon de rivière donné. La valeur de l’indice IBGN varie de 1 à 20 (20 correspondant à la qualité la meilleure). Cette méthode des bio-indicateurs invertébrés permet de diagnostiquer le degré de pollution de l’eau et de dégradation des habitats naturels (berges, fond du lit, végétation, ...) présents dans le cours d’eau.
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Chacune de ces méthodes illustre donc un aspect différent mais complémentaire de la qualité de l’eau de la rivière et de ses abords. A la lecture des résultats des analyses, on peut conclure que les trois méthodes révèlent des tendances similaires.

Des partenaires actifs

Pour mener à bien ses recherches et analyses, le Contrat de rivière peut s’appuyer sur la collaboration de partenaires publics et universitaires, spécialisés dans un domaine particulier : le Centre provincial de l’agriculture et de la ruralité - CPAR (calcul de l’indice de qualité IPO), le Laboratoire de la STEP de l’IBW à Basse-Wavre (calcul de la DCO), le Laboratoire d’Ecologie et de Biogéographie de l’UCL (calcul de l’indice de qualité IPS) et le Laboratoire d’Océanographie biologique et Aquacultures de l’ULB (calcul de l’indice de qualité IBGN).

Deux passages ont déjà été effectués sur le bassin de la Dyle (entre 2001 et 2003 puis entre 2006 et 2009), mettant en évidence diverses améliorations par endroit, mais aussi des altérations de qualité ailleurs, fréquemment aux endroits où aucune infrastructure d’assainissement n’est en place. Voir pour cela :  www.crdg.be/qualité des cours d’eau/état des lieux.

De l’utilité du réseau de mesures … un exemple à Jodoigne

Les premières analyses, débutées en avril dernier sur le bassin de la Grande Gette ont déjà permis d’identifier une grave atteinte sur le ruisseau du Hussompont (Lathuy). L’échantillonnage effectué dans la partie amont de ce cours d’eau, a en effet révélé des valeurs en ammonium excessivement hautes (environ 10 mg/L, soit plus de 100 fois supérieure aux autres valeurs moyennes mesurées dans le bassin). Renseignements pris auprès du CPAR, nous avons ainsi pu nous rendre compte qu’une valeur élevée de ce paramètre était liée à une contamination du cours d'eau dès sa source.  jus-fumier-lathuy

En conditions normales, dès la résurgence du cours d’eau, les ions ammonium sont oxydés pour être transformés progressivement en ions nitrates et autres formes azotées oxygénées. Or ici, la transformation n’a pas eu le temps de se faire, indiquant de ce fait une très faible oxygénation du cours d’eau dès sa source liée à une quelconque source de pollution.
Dans la présente situation, alertée par ces résultats, la cellule de coordination a rapidement mis sur pied une petite enquête sur place avec les autorités compétentes, permettant de dénouer le nœud du problème. D’ici peu, les choses rentreront dans l’ordre.

 

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