Contrat de rivière Dyle-Gette

vendredi 18 octobre 2019

La situation en Gette …

Etat des lieux

De manière générale, la qualité des eaux dans le bassin de la Gette est nettement moins bonne que dans le bassin de la Dyle. Le faible taux d’épuration des eaux usées au moment de la période d’analyse (2004-2005 & 2010-2011) est bien évidemment à mettre en lien direct avec cette mauvaise qualité (forte charge organique), de même que le contexte très agricole (eutrophisation des eaux).

Comme précédemment, les résultats obtenus avec les analyses de diatomées semblent similaires à ceux obtenus avec l’analyse physico-chimique, mais avec une classe de qualité en plus. Les données macro-invertébrés ne sont, quant à elles, disponibles que pour la période 2004-2005 et ne sont donc plus vraiment d’actualité.

En physico-chimie, la qualité des eaux de la Petite et Grande Gette est médiocre, tout comme leurs affluents principaux (Henri-Fontaine, Gollard, Orbais et Thorembais). L’IPS indique quant à lui une qualité d’eau moyenne en amont sur la Grande Gette et bonne plus en aval. Les eaux sont plutôt de qualité moyenne avec cet indice pour la Petite Gette. Les affluents principaux présentent une qualité d’eau plus variable, en lien notamment avec les traversées d’agglomérations.

 


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De manière générale, au travers des résultats des trois indices, la situation semble meilleure pour les eaux de la Grande Gette et de ses affluents comparativement à celles de la Petite Gette et de ses affluents.

   C’est ainsi qu’ailleurs dans le bassin, les cours d’eau de meilleure qualité sont principalement des affluents de la Grande Gette : Grand-Rosière (Ramillies), Jauchelette, Trois-Fontaines, Brocuy, Bronnes ou Gobertange (Jodoigne). Le Schoorbroeck (Beauvechain) peut également être épinglé, malgré une certaine dégradation de sa qualité après la traversée du village de L’Ecluse. Cette baisse de qualité est d’autant plus regrettable que des chabots, espèce piscicole Natura 2000, sont présents dans le cours d’eau en aval, côté Flandre. Quelques rares affluents de la Petite Gette présentent également une meilleure qualité : Offus (Ramillies), Quivelette ou Pissaumont (Orp-Jauche).

   Les cours d’eau de moins bonne qualité sont plutôt des affluents de la Petite Gette : ruisseaux du Fagneton, Frambais et Corrées (Ramillies), ruisseau de la Bacquelaine (Lincent et Orp-Jauche), ruisseaux du Village, Piétrain et Herbais (Jodoigne et Orp-Jauche), ruisseaux de Chapeauveau et Seype (Hélécine) ou encore les ruisseaux du Poucet et de Wanzin (Hannut). Tous ces cours d’eau présentent des valeurs anormalement élevées en phosphates ou azote, traduisant des pollutions d’origine anthropiques et/ou agricoles, parfois dès leur source !! Quelques affluents de la Grande Gette sont aussi concernés ponctuellement : Orbais et Thorembais lors de la traversée des agglomérations (Perwez) ou encore le Hussompont sur Lathuy (Jodoigne, mais problème résolu depuis lors) et le St-Jean sur Huppaye (Ramillies).

Il est toutefois intéressant de noter que certains cours d’eau voient leur qualité s’améliorer vers l’aval quand leur parcours sort des zones urbanisées. C’est assez net pour l’Orbais, après le village d’Orbais (Perwez), le ruisseau St-Jean entre Huppaye (Ramillies) et Jodoigne, le Gobertange entre Mélin et St-Remy-Geest (Jodoigne), le Pissaumont sur Orp-Jauche (et ce malgré la non-épuration des villages de Merdorp et de Jandrain-Jandrenouille) ou encore le Henri-Fontaine entre Avernas-le-Baudouin (Hannut) et Orp-le-Petit (Orp-Jauche). Cela s’explique probablement par des phénomènes d’autoépuration liés à des conditions environnantes plus préservées permettant d’accroître les échanges naturels entre le cours d’eau et son milieu. Or, compte tenu de l’état relativement dégradé de l’environnement dans ce bassin, cette information pourrait permettre de cibler des zones qu’il conviendrait de préserver afin de mieux contribuer à l’amélioration de la qualité des eaux localement.

Encore une fois, l’IBGN est médiocre à mauvais pour l’ensemble des stations de mesures (91 % des stations sur le bassin, voire 99 % côté Petite Gette). Les quelques stations de qualité moyenne, voire bonne (!!), sont plus le reflet des variations de conditions stationnelles lors de l’échantillonnage, voire des phénomènes de dérive des invertébrés. Les informations apportées par le calcul de cet indice sont identiques à ce qu’on peut en dire dans le bassin de la Dyle (cf plus haut).

Evolution

A la seule vue des cartes d’ensemble, il semble que les informations récoltées amènent à des conclusions parfois opposées selon la méthode IPO ou IPS. Il est dès lors difficile de conclure de manière certaine à cette échelle, mais des tendances apparaissent.

   En effet, à l’échelle du bassin de la Gette, entre la période 2004-2005 et la période 2010-2011, on constate une augmentation des concentrations pour les différents nutriments chimiques mesurés. En conséquence, l’IPO moyen tend à diminuer (2,84 > 2,39) ; tendance étayée par les changements globaux de classe de qualité. Ces indicateurs semblent donc conclure à une dégradation de la qualité des eaux via une augmentation de la charge polluante. Comme il n’y a pas eu d’amélioration notable en termes d’épuration entre les deux périodes d’analyses, on constate une aggravation du problème qui pourrait être liée à un effet cumulatif des eaux usées (à mettre en rapport avec l’augmentation de l’urbanisation) et des dérives agricoles. En outre, les cours d’eau étant de plus en plus modifiés, ces derniers voient leur capacité d’autoépuration se réduire.

   Paradoxalement, à cette échelle, les tendances semblent s’inverser avec les résultats de l’indice diatomique. La faible augmentation moyenne de l’indice IPS entre les 2 passages (10,25 > 10,54) n’est toutefois pas significative et donc difficilement interprétable.

Des données sont également disponibles sur une longue plus durée pour certains cours d’eau du bassin de la Gette grâce au réseau de surveillance de la Région wallonne : une station sur la Grande Gette à St-Jean-Geest (Jodoigne) et une autre sur la Petite Gette à Opheylissem (Hélécine). Comme dit précédemment, la fréquence dess analyses effectuées est plus élevé pour ces dernières ; les résultats seront donc plus robustes.

   Avec ce jeu de données, on peut constater une nette amélioration de la qualité physico-chimique de l’eau de la Grande Gette entre 1998 et 2009. La différence de qualité avant-après mise en service de la station d’épuration de Jodoigne à Zétrud-Lumay (2004) est en effet hautement significative (cf graphique). Aucune différence significative n’est cependant mise en évidence avec les données biologiques.

Graphique IPO GG


   Concernant la Petite Gette, pour la période allant de 1998 à 2006, les résultats sont plus mitigés. On observe une certaine variabilité avec certes une augmentation sensible dans les années 2001 à 2004 mais rapidement suivie d’une brusque diminution entre 2004 et 2005. Difficile de conclure, on constate donc juste une certaine tendance à la hausse de l’indice entre 1998 et 2006 (cf graphique).

Graphique IPO PG

Perspective

Depuis 2009, année des dernières analyses effectuées en Dyle, et 2011, date des dernières analyses effectuées en Gette, de nombreux travaux d’assainissement (pose de collecteurs et construction de stations d’épuration) ont été initiés ou terminés dans les vallées les plus dégradées du bassin (Argentine amont, Thyle et Gentissart, Nil aval, Hèze, Mille et Néthen - step de Hamme-Mille, Pisselet, Pré Delcourt, Grande Gette - step de Bomal, Orbais, Petite Gette - step de Orp-le-Grand, Bacquelaine, Henri-Fontaine … etc), ce qui laisse entrevoir une probable amélioration globale de la situation dans les années à venir.

   En outre, les travaux de réhabilitation des deux principales stations d’épuration du bassin (Rosières par la Lasne et Basse-Wavre par la Dyle) sont maintenant terminés. La qualité des eaux de la Lasne aval et de la Dyle aval devrait donc s’améliorer à court terme.

Le CRDG met à disposition 2 cartes de synthèse de l'assainissement (bassin Dyle-Gette), afin de pouvoir mettre en parallèle la qualité des eaux et les efforts mis en oeuvre pour l'assainissement.  De même, le retour de populations piscicoles, a pu être constaté grâce à des pêches électriques effectuées entre 2000 et 2005 à l'initiative du CRDG.

Deux cartes de synthèse de la qualité piscicole des cours d'eau (bassin Dyle-Gette) permettent aussi de constater que la vie aquatique revient peu à peu animer nos cours d'eau.

Au niveau du Contrat de rivière Dyle-Gette, un groupe de travail, composé de partenaires plus directement concernés, vient de se réunir le 5 décembre, en vue de redynamiser le réseau de mesure tout en lui assignant de nouvelles orientations. Dans un souci de meilleure complémentarité avec le réseau de surveillance de la Région wallonne, des stations d’analyse seront abandonnées; les investigations porteront sur des zones plus ciblées afin de mettre en lumière d’éventuels dysfonctionnements ou les effets bénéfiques espérés via les nouvelles stations d'épuration; enfin de nouvelles stations d’analyse seront envisagées en soutien ou non de projets portés par le partenariat du CRDG.

   Affaire à suivre donc …

asbl Contrat de rivière Dyle-Gette - Zoning industriel, rue des Andains, 3 à 1360 Perwez - 010/62 04 30 ou 081/24 00 40 - contrat.riviere(at)crdg.be