Contrat de rivière Dyle-Gette

dimanche 21 octobre 2018

Un coup de téléphone. Une voix bourrue au fort accent : « Dis t’as pas l’occasion de passer sur Lasne un de ces quatre ? Viens voir une fois le Smohain … ». Que se passe-t-il ? Pas moyen d’en savoir plus. Rendez-vous est donc pris pour le lendemain à la « Plage d’Ohain ».

Pour information, le Smohain est un petit ruisseau lasnois, qui s’écoule sur un peu plus de 5 km entre le lieu-dit de La Marache (Ohain) et sa confluence avec la Lasne à hauteur de l’ancienne ligne de tramway et de l’ancien moulin en amont de Renipont.

Le lendemain donc, en arrivant sur place, des volutes de fumées se laissent deviner, des odeurs de bois brûlé remplissent les lieux. J’accède au cours d’eau par le sentier piétonnier de la Chapelle et quelques dizaines de mètres en amont, un contraste saisissant s’offre à moi. Alors que l’année dernière ce tronçon était complétement empêtré dans la végétation et inaccessible, alors que des arbres cassés jonchaient la berge ou étaient couchés en travers du lit, … maintenant c’est une portion toute dégagée (mais nous sommes aussi en hiver) et toute nettoyée : finis les obstacles, finies les embâcles. lasne1

Au même moment, des ouvriers communaux sont justement occupés à couper et libérer le cours d’eau … en bons pères de famille, c’est-à-dire en mode "tout manuel" !! La progression n’est pas forcément des plus rapide mais le respect du cours d’eau est rencontré et c’est bien là l’essentiel.

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Après enquête, il ressort que plusieurs raisons ont motivé la Commune à procéder de la sorte alors qu’elle n’est pas gestionnaire de ce cours d’eau.

  • Tout d’abord, initiée en juillet dernier, grâce à l’intervention de jeunes volontaires participant à l’opération « Eté solidaire, je suis partenaire », la poursuite de cette campagne d’entretien du Smohain trouve ici toute sa justification.
 
  • Ensuite, le Smohain est le théâtre régulier d’inondations plus ou moins importantes. C’est pourquoi, avant d’envisager systématiquement le curage qui reste une mesure palliative, et pour agir de manière plus durable et moins coûteuse, il est nécessaire de résoudre la cause du problème ! En retirant les obstacles à l’écoulement et autres entraves, le risque de formation de bouchons est moindre, idem pour ce qui est des inondations.
  • La sensibilité environnementale des responsables de ce projet est également à pointer du doigt. En effet, la préservation de l’écosystème rivière est un aspect très important à considérer dans toute opération d’entretien des cours d’eau (techniques douces, choix de produits à haut potentiel biodégradable, …). Dans le cas présent, la perturbation aura été minime et permettra à l’écosystème de retrouver son état d’équilibre très rapidement. En outre, la lutte contre les plantes invasives dans le courant de l’été (ici ce sont des balsamines de l’Himalaya) sera grandement facilitée car la visibilité sera meilleure et les conditions de progression améliorées.

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   Episode de 1996

Finalement, ajouté à toutes ces raisons, il a également été fait mention d’un ras le bol général de voir les cours d’eau continuellement encombrés.

Actuellement, quelques 3,5 km de cours d’eau ont déjà été dégagés (depuis sa source jusque la route de l’état [N 271]). L’objectif est de rejoindre la rue de la Lasne, mais cela ne pourra se faire que progressivement en profitant de plages libres dans le planning des ouvriers communaux. Passé ce pont, et avant sa confluence avec la Lasne, le ruisseau traverse une zone beaucoup plus sauvage qui ne fera pas l’objet de travaux d’entretien, afin de respecter la quiétude de la faune et de la flore qui pourraient y avoir trouvé refuge.

Voilà, nous avons estimé que de telles actions se faisant dans le respect écologique de la rivière et menées par des gestionnaires publics étaient suffisamment rares localement (hors cas de gestion de réserves naturelles) pour être signalées et mises en avant dans le cadre du Contrat de rivière. Espérons alors que cette belle initiative, ainsi portée à votre connaissance, fera effet boule de neige et suscitera de nombreux émules au sein d’autres administrations gestionnaires de cours d’eau ou d’autres partenaires et/ou acteurs de tous horizons.

Pour illustrer ce petit article, voici 2 séquences photographiques illustrant la situation avant et après travaux, accompagnées d’une carte qui vous permettra de localiser précisément les prises de vues.
 
sentier-de-la-marmite

 

Sentier de la Marmite
 
sentier-du-champ-Ohain

 

Sentier du champs d'Ohain
 
En outre, pour les personnes qui seraient intéressées par entretenir durablement les berges de leurs cours, notamment boisées, ils peuvent trouver toute une série de précieuses indications dans l’excellent « Guide d’entretien des ripisylves » (Mouchet et al. 2010) édité par la Direction des cours d’eau non navigables (DGARNE, SPW) suite à une convention de recherche liant l’Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech.
Disponible gratuitement auprès du service documentation de la DGARNE.

asbl Contrat de rivière Dyle-Gette - Zoning industriel, rue des Andains, 3 à 1360 Perwez - 010/62 04 30 ou 081/24 00 40 - contrat.riviere(at)crdg.be