Contrat de rivière Dyle-Gette

mercredi 25 avril 2018

Entretien et végétalisation de cours d’eau : un exemple à suivre !

Dans la série  « une initiative (très) intéressante »,  après le Smohain à Lasne, nous nous rendons cette fois le long du Pinchart à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Dans cette partie, le cours d’eau est de 3ème catégorie, gestion communale donc …

Début mars 2010, une rencontre sur terrain était organisée entre le service travaux-environnement, le riverain et le Contrat de rivière Dyle-Gette, au sujet d’un tronçon du Pinchart particulièrement endommagé par les divers orages de l’été 2009. Depuis plusieurs années déjà la berge du cours d’eau était mise à mal, entre la rue de Pinchart et la rue des Prairies (nombreux affaissements et loupes d’érosion), et ceci au grand dam du riverain concerné. Son terrain était en effet régulièrement emporté lors de la montée et du retrait des eaux, sa clôture ne tenant plus qu’à un fil et son verger, de fait, gravement menacé. En ce début d’année 2010, la situation était devenue très critique.

La visite de terrain et le compte-rendu rédigé par le Contrat de rivière a notamment permis de placer chacune des parties concernées devant leurs responsabilités dans ce dossier. Outre les affaissements de berge et les déchets (responsabilité communale), divers autres points à responsabilité du particulier avaient également été relevés (mini-barrages et gué). Sur base de ces propositions, une série de décisions ont alors été actées par le Collège communal, une saine collaboration entre la Commune et le propriétaire a été instaurée, et dès juin 2011, les travaux étaient terminés.

  • 1. La commune à fait procéder au renforcement de la berge droite sur une longueur de plus ou moins 130 mètres en utilisant la technique de l’empierrement, ponctuellement en rive gauche. Cette technique a l’avantage d’être très stable et durable. Le Contrat de rivière préconisait plutôt l'emploi de techniques dites végétales (consultez le guide des techniques végétales pour en savoir plus) mais la situation fort étroite du cours d’eau à cet endroit et la très (très) grande proximité du jardin voisin ne permettait probablement pas l’utilisation de ces techniques. Un autre avantage de cette technique est le fait qu’une fois recouvert de terre, les blocs sont nettement moins apparents et des plantations sont possibles afin de redonner un aspect plus « naturel » (intégré) à cette partie de cours d’eau (voir plus loin). Le travail a, en tous cas, été fait intelligemment en tenant compte des éléments naturels présents car les différents arbres sur la berge, aux vertus stabilisatrices, ont été conservés.
Affaissements1
Affaissements2


Affaissement de la berge et stabilisation par enrochements

Loupe1 Loupe2

Loupe d'érosion  et comblement / stabilisation par enrochements

De même, divers déchets inertes ont également été retirés du cours d’eau par la Commune.

  • 2. Le riverain a retiré l’imposant barrage en gabions, installé dans le cours d’eau, visant à « réduire la vitesse du courant en amont et ainsi préserver les berges ».

    Barrage   barrage initial

    Ce barrage constituait en soi un obstacle à la libre circulation des poissons, aspect repris dans plusieurs réglementations européennes (Loi Bénélux, DCE, …). Toutefois, tenant compte des remarques du riverain et en accord avec les recommandations du Contrat de rivière, la Commune a fait placé à cet endroit une série de cascatelles sur plusieurs mètres de distance.

    Cascatelles   restauration et pose de cascatelles

    Cet aménagement permettra, dans une certaine mesure, de ralentir l’eau en amont mais surtout d’oxygéner l’eau et de créer de nouvelles offres de gîtes pour les poissons. Nous avons d’ailleurs pu observer (furtivement) un petit poisson, probablement une épinoche, se glisser sous une de ces grosses pierres lors de notre dernier passage sur place fin août. D’autres petits barrages de moindre importance ont également été retirés par le riverain à cette occasion.
  • 3. Un gué permettant le passage de chevaux de part et d’autre du cours d’eau avait été réalisé en son temps. Le passage répété d’animaux-bétail à travers le cours d’eau, même si ça peut sembler naturel au premier abord, provoque en fait différentes altérations à l’écosystème rivière : mise en suspension de particules fines terreuses et augmentation de la turbidité, colmatage du fond du lit, apport de matière fécale, déstabilisation des berges, … Le libre accès aux cours d’eau classés est, de plus, interdit en Brabant wallon sur base d’un Arrêté Royal datant de 1970 (A.R. du 05/08/1970 voir la fiche jaune du classeur "Rivières et agriculture"1). La Commune, sur base des propositions du Contrat de rivière et du PCDN local, a alors demandé au propriétaire la régularisation de la situation via l’installation d’un pont ou tout autre système interdisant l’accès permanent du cours d’eau aux animaux. Celui-ci, profitant de cette phase de travaux, a alors stabilisé les berges au niveau du lieu de passage et a surtout mis en place une clôture afin d’empêcher les chevaux de traverser le cours d’eau à tout heure du jour et de la nuit.

    Gue1   Gue2

    Dégradation du cours d'eau  par le passage              Stabilisation des berges et pose d'une clôture
    répété des animaux                                                 empêcher l'accès permanent au cours d'eau



  • 4. Comme dit au premier point, l’enrochement permet de planter des herbacées par la suite afin de végétaliser l’ensemble. La Commune a alors pu compter sur l’aide du Département de la Nature et des Forêts de la Région wallonne pour venir planter différentes essences d’hydrophytes sur toute la hauteur de berge du cours d’eau (Iris, carex, baldingères, reine des prés, salicaires, …). Ces plantations ont été effectuées fin juin. Leur aspect pour l’instant est donc relativement peu démonstratif, mais gageons de leur bon développement les années futures.

A suivre donc …

iris
Plantation d'Iris

baldingeres
Plantation de Baldingères

Au final, l’intervention communale, même si elle coulait de source, et surtout le partage des responsabilités entre la Commune et le riverain, fut très pertinent et bienvenu pour permettre à ce dossier de trouver une fin heureuse. En espérant que tous ceux qui liront cet article sauront, chacun à leur niveau, mieux appréhender leurs responsabilités propres et intervenir à bon escient si besoin !

 

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Un cours d’eau traverse une de mes prairies POPULAIRE
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Date lundi 6 juillet 2015 15:07 Taille du fichier 462.95 KB Téléchargement 141.00 Télécharger

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