Contrat de rivière Dyle-Gette

jeudi 15 novembre 2018

Suivi de poissons équipés de puces électroniques dans la Grande Gette

A l’automne 2017, une étude menée par le bureau d’étude PROFISH TECHNOLOGY et commandée par la Direction des Cours d’Eaux non-navigables de la Wallonie (DGO3 / DCENN) a eu lieu sur le cours de la Grande Gette. L’objectif de cette étude consistait à évaluer la franchissabilité de deux ouvrages par les poissons. Les deux barrages concernés par cette étude étaient le moulin de l’Ardoisière et une micro-centrale hydroélectrique installée dans la propriété du moulin de Lansekyn. Environ un kilomètre sépare ces deux ouvrages, tous les deux situés sur la commune de Jodoigne.

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La passe à poissons de type « Ecluse » au moulin de l’Ardoisière La passe à poissons au moulin de Lansekyn

Ces deux ouvrages privés à objectif hydroélectrique ont été réalisés en 2015. Ils ont été équipés d’une passe à poissons. Ce dispositif permet aux poissons de pouvoir franchir un obstacle réputé infranchissable (barrage, chute d’eau, etc...). Une passe à poissons peut prendre plusieurs formes. De passes techniques en béton à des passes plus rustiques, le principe reste identique : fractionner le dénivelé en de nombreuses petites chutes. Pour la micro-centrale du moulin de Lansekyn, la solution retenue est une rivière de contournement. Mais pour le moulin de l’Ardoisière, la passe à poissons s’apparente davantage à une petite écluse : les poissons sont attirés dans un petit sas, puis une vanne se ferme et le niveau du bassin remonte pour leur permettre de passer vers l’amont.

Pour évaluer si ces ouvrages sont efficaces, la société PROFISH a utilisé des poissons de pisciculture et a porté son choix sur des truites farios adultes. Ces poissons, résistants et bons nageurs, remontent les rivières en période automnale pour se reproduire. En relâchant les poissons en aval de chaque ouvrage, il y avait donc de fortes chances que ceux-ci cherchent spontanément à remonter l’obstacle et empruntent les passes à poissons. Au total, 60 poissons ont ainsi été utilisés pour l’étude.

Chacun de ces poissons a été équipé d’une puce électronique de la taille d’un grain de riz, avant d’être relâché dans la rivière. Equivalent à la puce vétérinaire utilisée pour reconnaître les chiens et les chats, elle permet de reconnaître chaque poisson lorsqu’il passe à proximité d’une antenne qui scanne le poisson et enregistre son identifiant ainsi que la date et l’heure de son passage.

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 Les truites sont anesthésiées puis délicatement opérées  Une antenne de détection pour enregistrer le passage des poissons

Un réseau d’antennes a été créé aux abords de chaque ouvrage, afin de connaître le comportement des poissons lorsqu’ils approchaient de l’obstacle. Il devenait donc aisé de savoir si les poissons mettaient du temps à trouver l’entrée de la passe à poissons, s’ils arrivaient à remonter la passe, s’ils faisaient plusieurs tentatives de passage, etc...

Les résultats de cette étude, actuellement terminée, ont permis de conclure que la passe à poissons qui équipe le moulin de Lansekyn semblait franchissable. En revanche, aucune conclusion n’a pu être tirée sur l’efficacité de la passe à poissons du moulin de l’Ardoisière. En effet, plusieurs éléments indiquent que la prédation par les hérons a fortement biaisé les résultats des observations sur ce site. Pour les deux sites, l’entrée de la passe semble compliquée à trouver et des problèmes d’attractivité ont été mis en évidence.

Le rapport final de cette étude peut être télécharger en pdf

Actuellement la Grande Gette a encore une qualité d’eau très moyenne et sa faune piscicole est très pauvre. Toutefois, avec le maintien d’efforts d’épuration, il est probable qu’elle retrouve une bonne qualité d’ici quelques années et soit naturellement recolonisée par plusieurs espèces de poissons. A titre de comparaison, il ne subsistait dans les années 80 dans la Dyle que quelques espèces de poissons, et aujourd'hui on y dénombre environ 25 espèces. L’étude menée par Profish et le Service Public de Wallonie se voulait donc davantage préventive, mais permet également de valider ou non la construction de passes à poissons similaires sur d’autres cours d’eaux en Wallonie. De nombreuses études similaires ont été menées au cours de ces dernières années, sur la Mehaigne, la Dendre ou la Vesdre.

Q.WATTHEZ, D.SONNY (Profish Technology) et O.DETRAIT (SPW – DGO3 / DCENN)

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