Contrat de rivière Dyle-Gette

jeudi 15 novembre 2018

Les castors à Walibi

Vous n’avez sûrement pas oublié l’émoi suscité au printemps 2017 par la nouvelle parue dans la presse de la décision d’éradiquer les castors à Walibi.

La présence de castors sur le site du parc en inquiétait effectivement les responsables, qui craignaient que ces gros rongeurs ne fassent tomber des arbres sur les attractions, ou même ne s’en prennent aux attractions elles-mêmes, surtout au Loup Garou. Peut-être pourraient-ils même occasionner des dégâts aux rives et à l’îlot du grand étang ? Inquiets, les responsables s’étaient adressées aux autorités et en retour avaient reçu une dérogation en vue de l’éradication des animaux.

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Pourtant, si les dirigeants de Walibi souhaitaient surtout être rassurés, s’ils souhaitaient que les castors puissent être capturés et emmenés ailleurs, ils ne demandaient point leur éradication. Que faire alors ?

Rapidement, des propositions vinrent, cherchant à permettre la réinstallation de cette famille de castors. D’abord on considéra les décanteurs, à Genappe, mais il semblerait que les berges des décanteurs n’y résisteraient pas. Ensuite Pairy Daiza mais le castor n’est pas encore présent en Hainaut, de plus enfermer cette famille dans un parc, alors qu’elle a besoin d’un territoire d’au moins un kilomètre de berges et que ses jeunes doivent pouvoir s’en aller en fin d’adolescence pour éviter de violents conflits avec leurs parents, ça ne pouvait pas marcher. Enfin Virelles, mais là il y avait déjà des castors sur territoire, et ils ne laisseraient pas des nouveaux venus s’installer, même sous le parrainage des humains. Il y aurait des violences, peut-être des morts.

En fait, attraper cette famille pour la déplacer ou l’éradiquer, était-ce vraiment à conseiller ? Tous les spécialistes vous diront que sitôt le territoire libéré, d’autres castors viendront en prendre possession, surtout qu’ils sont très présents dans cette partie du bassin de la Dyle.

Chez Natagora, on décide alors de reprendre le problème à la base, et notre DG appelle le DG de Walibi. Rapidement, il apparaît que chez Walibi on ne demande qu’à se laisser convaincre par nos arguments, et donc de laisser « leurs » castors vivre en paix là où ils sont. Les deux DG se mettent donc d’accord, avec la promesse de Natagora d’aider Walibi à gérer la présence de leurs gros invités.

Nous nous lançons donc dans l’inventaire détaillé des lieux. Il s’avère vite qu’en fait de dangers pour les attractions et les visiteurs du parc, et bien, il n’y a pas danger. Au maximum faudrait-il protéger deux arbres au moyen d’un manchon métallique pour éviter que les castors ne les fassent tomber au mauvais endroit. Le grand étang est largement empierré et donc peu propice à l’occupation par nos animaux. Le risque que les castors construisent des barrages sur la Dyle est pour ainsi dire nul, au vu du profil de la rivière, et donc il n’y a pas de danger d’inondations. Enfin, en ce qui concerne le Loup Garou, il a beau être en bois, il ne craint rien car le castor ne mange pas de bois, seulement des écorces, et encore moins du vieux bois, traité et bien dur. De plus, le parc et la rivière sont séparés par une série de clôtures et donc, l’accès au parc par les occupants du cours d’eau est impossible.

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Par contre, de nombreux arbres sont importants pour l’esthétique des lieux. Il faudrait penser à en protéger au moins certains à l’aide de manchons métalliques, et nous faisons la démonstration à deux employés de la manière de procéder. Nous expliquons aussi qu’il est inutile de protéger tout de suite tous ces arbres, car les castors n’exploitent jamais qu’une partie de leur territoire à la fois. Notre message : « protégez les arbres de cette section, pour le reste assurez une surveillance hebdomadaire pour voir s’il les castors se déplacent vers une autre section et vous serez tranquille. Et appelez-nous en cas de question ou d’inquiétude ».

Évidemment, pour arriver à ces conclusions, il faut bien connaître le castor, ses habitudes, ses comportements, sa vie de famille. Sans accès à ces compétences, il est normal de s’inquiéter et de vouloir des mesures qui apparaissent exagérées quand on a l’expérience de l’animal.

C’est pour cette raison que Natagora a pris l’initiative en début d’année de lancer un groupe de travail Castors, pour recruter et former des bénévoles dans toute la Wallonie, de manière à faire en sorte que, in fine, dans chaque région il y ait au moins un ou deux spécialistes du castor pour assister les riverains avec conseils et recommandations.

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Suivant les recommandations des consultants de Natagora, une série d'arbres ont été protégés par Walibi.

Voulez-vous en savoir plus sur le GT castors, ou le contacter ? Alors, il vous suffit de visiter : https://www.natagora.be/index.php/nos-poles-et-groupes-de-travail

Frédéric Raes,
Bénévole Natagora et coordinateur du groupe de travail Castors.

Pose de fascines de saules préventive sur les berges de la Dyle

Depuis plusieurs années le service des cours d’eau du SPW est confronté à des abattages d’arbres assez conséquents dans la vallée de la Dyle provoqués par la présence de quelques familles de castors ( 7 à 8 individus par famille ). Ces dégâts ont donné suite à des réclamations de particuliers, des demandes d’abattages ou de déplacement de ces familles jugées gênantes.

Ces animaux sont d’une part protégés par la législation Européenne et d’autre part l’élimination ou le déplacement de quelques individus n’a aucun sens dans la mesure où les habitats libérés seraient colonisés presque immédiatement par de nouvelles familles.

Nous avons dès lors eu envie de trouver des solutions afin de pouvoir vivre en harmonie avec ces herbivores pas toujours appréciés. Ces animaux se nourrissent d’herbacées qui sont disponibles à profusion à la belle saison. Par contre la situation est plus compliquée en hiver. Les Castors s’attaquent alors aux arbres dans le but d’avoir accès aux fines branches dont ils sont friands et qui sont situées à leurs sommets.

Cette observation nous a conduit à la conclusion qu’il valait peut être mieux réaliser des plantations de saules à leur portée de manière à leur garantir une nourriture abondante sans les obliger à s’attaquer à de grands arbres.

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Nous avons dès lors réalisé des poses de fascines de saules sur plusieurs étages le long des berges où nous avions constaté des activités régulières. Plusieurs dizaines de mètres de fascines ont été posées le long de la Dyle à la hauteur du Tennis de Justine Hénin à Limelette ainsi que le long d’un parking du site de Walibi. Nous en avons également posé sur le Train à Grez Doiceau en aval de la chaussée de Louvain. Toutes ces fascines ont été protégées par des grillages métalliques de manière à éviter que les plantations ne soient attaquées dès leur pose.

Nous espérons que cette nouvelle végétation facilement accessible limitera les abattages dès l’hiver prochain et nous permettra de vivre en harmonie avec ses animaux qui sont parfois ressentis comme des animaux nuisibles par certains.

J.L. Biermez - SPW-DCENN

 

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