Contrat de rivière Dyle-Gette

lundi 18 juin 2018

Bilan des actions 2010-2012

Cela fait trois ans maintenant que le Contrat de rivière Dyle-Gette a lancé ses premières actions coordonnées de lutte contre le développement  des plantes invasives en bord de cours d’eau. Deux espèces sont ciblées : la berce du Caucase et la balsamine de l’Himalaya. De nombreux partenaires se sont mobilisés pour aider à préserver la biodiversité sur leur territoire. A partir de 2011, le plan berce de la Région wallonne s’est surimposé aux actions déjà menées.

Cet article fait écho à un rapport plus complet et faisant le bilan de ces trois années de lutte sur le bassin Dyle-Gette. Le rapport en question est disponible ici.

  1. Mise en place

Suite à une première réunion de concertation avec l’ensemble des partenaires du CRDG, fin 2009, il a été décidé d’agir à deux niveaux d’échelle spatiale :

     (1)  une vaste action sur l’ensemble de la masse d’eau de la Lasne (seule masse d’eau à disposer alors d’un inventaire complet), pendant trois ans, et
     (2)  des actions plus localisées et dispersées en divers endroits du bassin, en privilégiant les zones amont des grands cours d’eau et les affluents (chantiers dits « satellites »).

La durée du projet a porté sur 3 ans car il s’agit de la durée de lutte préconisée, dans la littérature, pour se débarrasser définitivement des balsamines. Il faut compter entre 4 et 5 ans pour se débarrasser définitivement des berces du Caucase.

Pour chacun des chantiers d’éradication, la répartition des tâches entre les différents acteurs fut la suivante : de son côté, la cellule de coordination du CRDG gérait l’aspect pratique de préparation des chantiers et d’arrachage des plantes invasives et, de leur côté, les communes, en soutien, géraient le volet communication et exportation / destruction des plantes ainsi arrachées. Pour ce faire un toute-boîte a été réalisé.

Bien sûr, cette procédure n’est pas stricte, chacun pouvant l’adapter à sa sauce, du moment que le minimum est rencontré, à savoir l’information des riverains et le traitement des résidus de manière à prévenir toute reprise.

     (1) La première action a été entièrement financée par le CRDG grâce notamment à un subside récurrent sur les trois ans, octroyé par la Province du Brabant wallon. Une entreprise privée, d’économie sociale, a été engagée pour mener à bien la lutte. Quatre communes sont concernées : Waterloo, La Hulpe, Lasne et Rixensart.

     (2) Notre souhait avec la réalisation de ce type de chantier était d’initier une dynamique et une prise de conscience chez nos partenaires sur la nécessité d’agir à ce niveau. C’est ainsi que le nombre de chantiers satellites a plus que triplé au terme des trois années du projet ! Ces chantiers ont été le fruit de l’implication de nombreux bénévoles et/ou des services communaux. Espérons que cette volonté ne faiblisse pas avec le temps …

  1. Résultats

Concernant la masse d’eau de la Lasne

Le traitement de près de cinquante kilomètres de cours d’eau était initialement concerné par ce chantier (Lasne + affluents & Argentine + affluents). Toutefois pour des raisons de sous-estimation des quantités de plantes présentes et de difficultés de progression le long des cours d’eau, seuls 35 kilomètres ont pu être administrés en 2010. Il a donc fallu, fin d’année, répartir les tronçons restants entre les différents partenaires impliqués localement : Province du Brabant wallon, Communes de Lasne et Rixensart, Natagora-BW, cellule du CRDG et Région wallonne. C’est ainsi qu’en 2011 et 2012, c’est un peu plus de 40 kilomètres qui ont été traités. Seule la partie la plus aval de la Lasne, en première catégorie, n’a pas encore fait l’objet de gestion. Des chantiers locaux devraient néanmoins débuter dès 2013, sous l’égide du SPW, permettant ainsi, comme prévu, de compléter la gestion sur l’entièreté de la masse d’eau.


Au final - se reporter à la carte dans le rapport mentionné en début d’article :

  • 35 km de cours d’eau ont été traités pendant trois années consécutives. L’essentiel des populations présentes devraient donc être totalement éradiquées sur ce tronçon. Quelques problèmes subsistent toutefois.
  • 6 km de cours d’eau sur la Lasne, entre la rue de la Gendarmerie et la rue de Limalsart, ne sont administrés que depuis 2011. Il manque donc encore un an pour être « certain » de la complète éradication des balsamines.
  • 5 km de cours d’eau sur la Lasne à partir de la confluence avec l’Argentine et jusqu’à sa sortie du bassin à hauteur de la station d’épuration de Rosières, restent encore à gérer.

On peut donc considérer que l’envahissement est sous contrôle sur toute la longueur du tronçon déjà géré. Un bon indicateur démontrant l’efficacité de cette campagne est l’extrême rapidité avec laquelle l’entreprise a parcouru le linéaire concerné (+/- une semaine). Moins de plantes, moins de travail et donc des passages plus rapides (à nuancer toutefois avec l’acquisition d’une meilleure expérience et efficacité au fil des ans).

Toutefois, « sous contrôle » ne veut pas dire qu’on soit débarrassé de ces satanées plantes pour autant. En effet, d’une part, quelques points noirs subsistent et nécessiteront un travail complémentaire les années suivantes (cf rapport) et d’autre part, la présence de balsamines (et/ou de berces) dans certains jardins privés, peut poser quelques problèmes dans le cadre de la présente campagne de lutte car toute graine produite, même à quelques distances du cours d’eau, pourrait in fine se retrouver dans ce même cours d’eau suite aux phénomènes de ruissellement par exemple.

Une surveillance en bord de cours d’eau, sur les zones déjà gérées, devra donc être de rigueur pour la balsamine de l’Himalaya. Qui assumera cette surveillance est un point qu’il reste encore à décider.

Si, l’année prochaine, vous vous promenez au bord de l’Argentine, de la Mazerine, de la Lasne, du Ru Milhoux ou du Smohain, et que vous rencontrez des balsamines, n’hésitez pas à nous en faire part (et éventuellement à retirer le ou les pieds de balsamines constatés. Ne vous attaquez pas à la berce) !


Concernant les « chantiers satellites »

Même si ces chantiers, quasi tous basés sur une implication locale bénévole, n’ont pas toujours permis d’obtenir des résultats comparables à ceux obtenus avec une entreprise professionnelle, l’ancrage local qui y est lié est très intéressant en terme de sensibilisation et de gestion participative. Le public touché par ce biais est très diversifié et permet parfois d’aborder la thématique des espèces invasives avec des personnes non particulièrement sensibilisées à la base.

Ces actions sont donc à poursuivre, voire à développer avec un autre public également (scolaire ou mouvements de jeunesse).


Tableau 1 : partenaires sollicités dans le cadre de la campagne 2010-2012 et les catégories d’acteurs de terrain. Sont inclus les acteurs du plan d’action berce.

Partenaire

Acteurs de terrain

Espèce cible

SPW - DGO1/DGO3

Professionnels

Balsamine et berce

Province du BW

Professionnels

Balsamine et berce

Province de Liège

Professionnels

Berce

Contrat de rivière Sambre

Professionnels

Balsamine

Les 23 communes

Professionnels + stagiaires + PCDN + bénévoles

Balsamine et berce

Commune de Sombreffe

Professionnels

Balsamine

Time for Society

Professionnels ‘team building’

Balsamine

SEMPA

Peine de travail

Balsamine et berce

Délibère-toi

Jeunes

Balsamine

CRABE

Réinsertion sociale

Balsamine et berce

Natagora « Brabant Wallon »

Professionnels ‘team building’ + bénévoles

Balsamine

Natagora « Hesbaye Ouest »

Bénévoles

Balsamine

Action Environnement Beauvechain

Bénévoles

Balsamine

CADEV

Bénévoles

Balsamine

Environnement Dyle

Bénévoles

Balsamine

Patrimoine stéphanois

Bénévoles

Balsamine

Au final, tout cumulé, c’est plus de 100 kilomètres de cours d’eau qui ont été parcourus au cours de ces 3 ans et nettoyés des balsamines (et berces) présentes. Certaines de ces actions sont d’ailleurs terminées car plus aucune balsamine n’a été revue (cas du Mille sur Beauvechain ou de la Pécherée sur Villers). Les autres cours d’eau nécessitent encore un ou deux ans de lutte pour en être débarassé.

  1. Perspectives

Les bons résultats obtenus sur la masse d’eau de la Lasne, nous incitent à vouloir reproduire une action d’envergure ailleurs dans le bassin Dyle-Gette.

Or, cette année, d’autres cours d’eau (ou tronçons) ont pu être gérés de manière systématique grâce à l’entreprise engagée. C’est ainsi que la Thyle et certains de ses affluents ont fait l’objet de notre attention en 2012, voire même depuis 2010 pour certains tronçons via des « chantiers satellites » réalisés avec les bénévoles.


Tableau 2 :
cours d’eau déjà parcourus sur la masse d’eau de la Thyle


Nom du cours d’eau

Nom de la commune

Distance parcourue (m)

Nbr d’années

Thyle

Villers-la-Ville

5450

1

Gentissart

Villers-la-Ville

1100

1

Dreumont

Villers-la-Ville

Ponctuel + 750

2

Pécherée

Villers-la-Ville

1100

3

Pré des Saules

Villers-la-Ville

4800

1

Pujon

Villers-la-Ville

2450

1

Hez

Villers-la-Ville & Genappe

Ponctuel + 2800

3 + 1





18450

 

Les efforts nécessiteraient, bien évidemment, là aussi d’être poursuivis. Plusieurs arguments peuvent venir en appui à la poursuite de l’action :

  • Le travail fait cette année n’est plus à refaire et, le relais local au niveau des communes est très actif ; Court-St-Etienne, Genappe et Villers-la-Ville ont, d’ores et déjà donné leur accord de principe pour continuer à collaborer à la lutte l’année prochaine si elle est reconduite.

  • Cette année, nous avons reçu de nombreux appels de riverains habitant en bord de Thyle qui se préoccupaient du nombre croissant de balsamines présentes sur les berges.

  • Cela fait déjà plusieurs années que des « chantiers satellites » sont effectués sur certains affluents et la Thyle elle-même.

  • Des « chantiers satellites » sont déjà planifiés sur la partie aval de la Thyle avec des acteurs locaux (Patrimoine stéphanois et autres riverains).

  • Pour entretenir l’enthousiasme des acteurs associatifs locaux et leur montrer que les efforts des années précédentes n’ont pas été « inutiles », mener une action d’envergure sur cette masse d’eau serait pertinent.

Un collectif semble donc se créer autour de la lutte contre le développement de ces plantes en bord de Thyle. Il faut, dès lors, en profiter …

Cette proposition est actuellement en cours de discussion.

Il n’existe, pour l’instant, aucune réglementation régionale traitant des plantes invasives (celle-ci ne serait pas prévue avant 2014). Pour aider à la lutte les années prochaines, l’adoption d’un règlement communal est cependant possible. Certaines communes en Dyle-Gette l’ont adopté, et nous en avons déjà fait usage pour débloquer des situations compliquées, mais bien sûr en dernier recours. Plus d’informations concernant l’adoption de ce règlement peuvent être obtenues auprès de la cellule du CRDG.

  1. Plan berce

Courant 2011, le Plan berce de la Région wallonne est venu s’ajouter aux initiatives déjà prises en la matière par les différents partenaires du CRDG dès 2010.

Ce plan part du principe du « chacun gère chez soi » : les privés chez eux, les Communes sur leurs propres terrains et le long des cours d’eau de 3ème catégorie (+ voiries), idem pour les Provinces sur les cours d’eau de 2ème catégorie (+ voiries), idem pour la Région wallonne sur les cours d’eau de 1ère catégorie (+ voiries).

En Dyle-Gette, tous les acteurs publics se sont prêtés au jeu. La route sera néanmoins encore longue avant d’en voir le bout car, même si de nombreux privés ont également participé à cette lutte (suivi compliqué), on se heurte encore à des réticences de la part de certains. De même, des erreurs dans les bonnes pratiques de gestion sont parfois constatées.

Enfin, cette année, comme convenu, la Région wallonne a apporté son aide pour les grosses populations (> 100 individus) ; localement nous sommes concernés par cinq populations qui ont toutes fait l’objet d’une gestion.

La carte figurant dans le rapport mentionné en début d’article donne une idée spatialisée des actions entreprises dans le cadre de ce plan.

Fichiers:

Bilan invasives 2010-2012 POPULAIRE
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